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Au fil du temps suivi de l'expédition "Des Hommes pour la Biodiversité, parcours entre terres et mers, faune et flore"
Retrouvez les témoignages, fiches pays et autres informations détaillées directement sur le site d'ACTIONS BIODIVERSITE.org
Titi- Vétérinaire française, fait la boucle du 50ème parallèle Nord au 56ème parallèle sud du continent américain à la rencontre de la faune sauvage et
des femmes et hommes qui l'étudient et la protègent... http://daktamerika.over-blog.com
Carlos Eduardo Carvajal Ochoa- Colombien, fait le tour de l'Amérique du Sud en vélo, un bon moyen de se découvrir soit même ainsi que
tous les autres... http://pedaleando-alma.blogspot.com
L’ile de Pâques ou Rapa Nui est plus qu’un caillou de 173 km² perdu en plein milieu de l’océan
pacifique, c’est un mythe à lui tout seul !
Depuis les années 70 des millions de touristes ont été subjugués par ces moaïs dispersés dans
toute l’île et ses paysages volcaniques mais depuis bien plus longtemps elle est la terre des Rapa Nui (on parle d’un peuple polynésien qui serait venu des iles Marquises il y a 1500 ans…) et qui
aujourd’hui réclament leurs terres ancestrales.
En 1888 le Chili a rattaché à son territoire l’Ile de Pâques en s’appropriant des terres qui ont été vendues pour certaines
à des étrangers et qui sont à l’origine du conflit qui bouscule actuellement Rapa Nui.
Sans faire d’amalgame les Rapa Nui, comme les Mapuches, sont 2 communautés indigènes du Chili d'aujourd'hui et elles
réclament à présent leurs terres ancestrales et leur indépendance.
Ainsi, lorsque nous avons visité l'île de Pâques la tension était présente (semaine de
l’anniversaire du rattachement au Chili), les drapeaux de l’indépendance flottaient partout et certains Rapa Nui nous ont montré pas mal d’hostilité. Ne généralisons pas et concentrons nous sur
les autres Rapa Nui accueillants et souriants et sur la beauté de l’Ile et de ses Moaïs.
L’ile est constituée de 3 volcans principaux le Rano Kau (2,5 millions d’années) proche de la ville et qui abrite une
magnifique lagune dans sa caldeira,
le Terevaka (300 000 ans) un peu près au centre de l’île et le plus haut (511 m)
et enfin le Poike (3 millions d’années à l’autre extrémité de l’île).
Il y a très peu d’arbres, beaucoup de terres réservées à l’élevage et pas de village en dehors de la ville
principale.
Sur l’île de Pâques c’est d’abord les côtes découpées, les vagues, l’aridité et le paysage volcanique
qui nous marque.
Ensuite au détour d’une plage nous tombons sur le site des 15 moaïs de l'Ahu Tongariki et c’est à ce
moment précis que la magie opère.
Et oui ces figures de pierres ont des expressions distinctes, sont charismatiques et forcent au respect.
Les moaïs sont partout présents sur l’ile, en position verticale le plus souvent mais aussi allongés comme on les trouve sur les pentes du volcan Rano Raraku d’où provenait à l’époque la pierre
nécessaire à l’élaboration des fameuses statues.
L'ile est assez petite ainsi en 2 jours de bonne marche nous avons pu aller jusqu'au volcan Poike, traverser l'ile d'ouest
en Est et longer la côte escarpée à l'est jusqu'à la ville Hanga Roa (cf trajet sur la carte précédente).
Une nuit au sommet du volcan Poike, le plaisir de se retrouver seuls au milieu de la nature. Nous aurions aimé profité du
lever du soleil mais dommage il n'était pas au rendez-vous. Nous avons eu plus de chance le soir.
Concernant la Biodiversité sur l’île de Pâques et bien il n’y a pas grand-chose à observer, ci ce n’est le manque de
Biodiversité. Cette île a depuis des centaines d’années subit la colonisation et une densité humaine importante, l'élevage intensif et tout ce qui en découle, c'est-à-dire une destruction
du milieu naturel notamment les forêts et les petits arbustes qui sont remplacées par des eucaplyptus, appauvrissant les sols et modification de l'écoulement de l'eau de pluie. Enfin
l'introduction d'espèces invasives a définitivement modifié les équilibres naturels. Compte tenu de son isolement dans le pacifique, l'île disposait d'une faune et flore très spécifique et
hautement endémique dont il reste très peu de vestiges aujourd'hui.
Ne pas se fier aux apparences,
il ne s'agit pas d'une vis mais d'une graine!
Aujourd’hui la population de Rapa Nui doit faire face à l’augmentation de la population, ce qui pose de nombreux problèmes car
les ressources pour vivre ne sont pas présentes sur l’île. De plus l’île a besoin d’améliorer ses installations afin de continuer à se développer, les grands chantiers sont le traitement des eaux
usées et l’approvisionnement en électricité renouvelable.
Nous avons rencontré les membres du Master international sur les politiques environnementales et régionales pour un
développement local soutenable (Ecopolis) de l'Université de Ferrara en Italie. Ces derniers constituent un groupe multidisciplinaire d'étudiants et de professeurs venus faire des recherches sur
l'île. Ils ont présenté une liste de recommandations pour améliorer les politiques d'intégration et de participation, de développement humain, de gestion des risques, d'articulation des
activités économiques dans une perspective de développement soutenable de Rapa Nui. Vous pouvez télécharger leur rapport sur le site du master en cliquant ici.
Concernant le dossier environnemental, ils témoignent d'un niveau d'organisation basique. La gestion de l'eau douce, le traitement des ordures et la diversification
des modes de production d'énergie sont les seules priorités possibles à ce stade.
Mais l'île de Pâques a été aussi pour nous l'occasion d'un moment extra passé avec nos amis de France et de se retrouver
ensemble au milieu de l'Océan pacifique, si loin de chez nous a participé à la magie du séjour !
Voici donc quelques moments avec Val, Ben et leur petit cœur Alice
Un grand merci à Val et Ben pour leur accueil à Santiago, merci pour ces bons moments passés ensemble et à très
bientôt ;-)
Rapa Nui marque la fin de nos 7 mois passés en Amérique du Sud et en Amérique centrale, finalement avec la langue, le mode
de vie latin, on se sentait un peu comme chez nous.
Maintenant ça va être la grande découverte de certaines îles du pacifique, d'abord nous allons retrouver un peu de France
en Polynésie française, puis ce sera la Nouvelle Zélande, les Iles de Vanuatu et de Salomon.
Viva America del sur y hasta pronto! Gracias a todas las personas que hemos encontrados, les extrañamos mucho !
Vous trouverez la synthèse de nos 7 mois dans l'article suivant : Synthèse Amérique du sud et centrale.
Actions Biodiversité, Rapa Nui, du 5 au 11 septembre 2010
C'est amusant, en préparant l'expédition nous n'avions jamais prévu de rester à Santiago et puis nous avons rencontré
Francisca et Nicolas de Alterado Production en mars dernier lors de notre bref passage par cette capitale.
Francisca et Nicolas sont extrêmement impliqués pour la sensibilisation pour un développement plus soutenable. Ils ont créé
AH MAG!, un magazine pour ouvrir à la conscience aux enjeux sociaux et à la culture écologique. Vous pouvez découvrir leur superbe travail sur le site internet en cliquant ici. Ayant rencontré Francisca et Nicolas que trop peu de temps il était clair pour nous que nous devions repasser à Santiago pour les
retrouver un peu plus !
Ensuite nous avons appris que Valérie, une de mes anciennes collègue chez Expanscience s'installait à Santiago pour une
année! Quel bonheur de pouvoir la revoir et papoter entre amie. Parce qu'effectivement ce qui nous manque sans
doutele plus pendant ce long voyage, ce sont nos amis et la famille bien sur !
Et enfin Santiago est la ville où nous avons quitté Vincent et Aglaé après 2 semaines de superbes vacances ensemble...dur
dur de les voir repartir en France !
Du coup, tous ces évènements font que nous avons passé une bonne semaine à Santiago et que nous avons pris le rythme d'une
colocation à 5 dans une atmosphère printanière. On se croyait à la maison et on a passé d'excellents moments tous ensemble, encore merci à Val et Ben...
C'est le début du printemps à Santiago, l'air est frais mais agréable et l'on commence à se découvrir.
Evidemment nous profitons de notre escale à Santiago pour manger de bons petits plats faits maison, c'est très plaisant
après ces derniers mois où l'on n'a pas souvent trouvé ce que l'on voulait !
Voilà un rythme qui nous change et nous apprécions aller chercher Alice le soir au jardin d'enfants, ces petites
expressions trop mignonnes nous font craquer.
La fin du mois d'août à Santiago c'est aussi... la fin de la saison de ski! Nous n'avons pas eu la chance de skier cette
année puisque nous sommes partis en février mais en tant que fan de ski nous ne résistons pas et partons en petite famille passer le week-end dans la station la plus proche.
En contre bas on aperçoit Santiago et son nuage de pollution
La semaine est déjà terminée, heureusement nous partons tous les 5 en direction la Isla de Pascua, encore appelée Rapa
Nui.
Actions Biodiversité, Santiago du 29 aout au 4 septembre 2010
Nous voilà de nouveau au Chili après l'avoir quitté 5 mois plus tôt, le temps nécessaire pour y redescendre depuis
le Mexique. Le Chili est un pays pas très large mais particulièrement long 4265 kilomètre du nord au sud. Les Chiliens disent d'ailleurs qu'il est impossible de s'y perdre, il suffit de
marcher vers l'ouest et tu finis toujours par arriver à l'océan. Cette fois nous souhaitons visiter le nord du pays et son fameux désert d’Atacama.
L’on dit que ce désert est le plus aride au monde car certaines de ses zones n’ont jamais connu de pluie. Il s’étend
du nord du Chili du côté Arica jusqu’à 1200 km plus au sud dans la vallée d’Elqui près de Serena. Il regroupe 4 grandes régions, celle d’Arica et Parinacota au nord, la région de Tarapacá
(Iquique) d’où nous sommes partis, la région d’Antofagasta dans laquelle se trouve la fameuse ville de San Pedro d’Atacama et la IIIème région d’Atacama où se trouve Copiapó.
Départ du nord du Chili, Iquique port et zone franche ce qui a permis à cette ville une incroyable expansion
économique alors qu’il s’agit d’un bout de terre étriquée entre la mer et l'immense dune de pierre et de sable.
L'on voyage avec Vincent et Aglaé, venus nous retrouver pour leurs vacances. C’est un véritable bonheur de retrouver
nos deux amis aventuriers.
La location d'un 4x4 est absoluement nécessaire pour ce périple dans les déserts chiliens.. Naturellement nous
compensons l'émission de co2 via notre partenaire Action Carbone.
Vincent et Aglaé ont tout organisé depuis Paris, retrouvailles depuis Santiago et 24h de bus plus tard, 1 nuit à Iquique,
nous voila prêts pour l'aventure. La voiture est grande, c'est une bonne surprise, en revanche ce modèle n'est pas équiper de 4x4 court et les pneus sont vraiment usés. Un premier signe qui nous
alerte sans toutefois freiner nos envies de partir à la découverte des déserts.
Le nord du Chili est particulièrement riche en ressources fossiles permettant un fort dynamisme économique. Les
mines de cuivre et de lithium sont notamment sont impressionnantes.
L’excès de la consommation des richesses naturelles est rapidement visible lorsque nous visitons un ancien site
d’extraction du salpêtre d’Humberstone qui fut abandonné quasiment du jour au lendemain lorsque le salpêtre cessa d’être intéressant à extraire par rapport aux nitrates synthétiques.
L’exploitation du Salpêtre commença dans les années 1880 et pendant plus d’une soixantaine d’années, il permit de
produire du nitrate de soude un engrais très convoité pour l’agriculture en Amérique et en Europe. Cette cité minière particulièrement importante fut définitivement abandonnée dans les années
1950 et laissée en l’état. Elle fut classée en monument national dans les années 1970 puis au patrimoine mondiale de l’UNESCO en 2005.
Il s’agit d’une belle entrée en matière pour témoigner à la fois de l’incroyable force de des hommes capables de
vivre et travailler dans un des déserts les plus arides au monde mais aussi de sa capacité à laisser derrière lui un amas de taule comme si seul le présent et le bénéfice immédiat
comptaient.
Ensuite, c’est la visite de la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde, Chuquicamata qui nous impressionne
à la fois par la force et l’ingéniosité qu’il faut pour réaliser pareil ouvrage mais aussi qui nous effraie par sa dimension démesurée. Elle représente à elle seule 13% des réserves
mondiales de cuivre et est profonde de près d’un kilomètre.
La logistique nécessaire pour parvenir à une telle exploitation est incroyable. Les véhicules sont chacun plus gros
et plus puissants les uns que les autres. Les camions mesurent plus de 7 mètres de haut et des pelles mécaniques sont hautes comme des immeubles de 7 étages. Les frais d’exploitations de ce site
qui travaille 24h/24h paraissent tellement colossaux imaginant la maintenance nécessaire pour tous ces véhicules, leur consommation d’essence (plus de 250 litres/heure) et les salaires de tous
ceux qui travaillent, vivent et dépendent directement de la mine (on parle de plus de 20 000 personnes).
Seules certitudes, les bénéfices réalisés sont bien supérieurs à tous ces coûts. Il suffit de voir les excédents
dans la balance commerciale du pays et de quelle façon les mines ne comptent pas à la dépense lorsqu’il s’agit de redorer son image de marque, équipement, infrastructure, etc…. L’exemple de
Chuquicamata n’est pas le seul, dans la région il existe de nombreuses autres mines, moins impressionnantes mais tout aussi productives et rentables, produisant même un minerai de meilleure
qualité.
Malheureusement, ces richesses ne sont pas toujours bien réparties. Les salaires bien que très supérieurs à la
moyenne des autres régions ne profitent qu’à une petite partie de la population créant injustices et inégalités comme pour l’accès à la propriété par exemple face à la flambée de l’immobilier.
La sécurité des travailleurs n’est pas toujours la priorité comme en témoigne l’accident à Copiapó le 05 août 2010 qui a bloqué les 33 mineurs pendant plusieurs mois.
Le capital et la puissance économique de l’industrie minière représente une influence très forte sur le pouvoir
politique chilien. Très gourmande en énergie et en ressource naturelle comme l’eau, l’impact environnemental est particulièrement préoccupant. Qu’il s’agisse de l’assèchement des salars comme de
la pollution des sols, de l’air et de la destruction des équilibres fragiles, les préoccupations environnementales pèsent peu par rapport à celles du dynamisme économique et de la
croissance.
Au même titre que les 2 autres industries dominantes du Chili, l’exploitation forestière pour la production de
cellulose et la pêche industrielle, l’industrie minière est détenue par un petit nombre d’individus au pouvoir considérable et à la conscience environnementale faible.
Chaque niveau permettant le passage des camions mesure près d’un immeuble de 3 étages.
Les vautours, charognards et opportunistes sont de plus en plus présents dans les milieux urbains cherchant de la
nourriture facile.
Pétroglyphes Los Pintados, Réserve Nationale Pampa del Tamarugal, Region de Tarapaca, Iquique
Un dernier petit stop et déjà l'on s'éloigne de la civilisation et l'on commence à s'engager dans les zones arides
et désertiques du désert d’Atacama en empruntant des pistes pas toujours bien balisées.
Premiers piques niques en plein soleil faute d’ombre.
Premiers paysages d’étendues désertiques à perte de vue.
Premiers bivouacs et première expérience du choc thermique : 30 degrés dans la journée et moins de 0 degré la nuit.
Nous expérimenterons jusqu’a moins 10 degrés. Heureusement que nous sommes bien équipés grâce à Vincent et Aglaé qui ont chargés leurs valises avec nos duvets chauds.
La première crevaison et il y en aura 4 en tout sur ce périple de 15 jours ce qui est beaucoup ! Heureusement
Vincent est prévoyant et organisé pour faire face à pareille situation. Il a amené ainsi tout l’attirail nécessaire, cric gonflable, mèches et autres outils astucieux. Disons que ces
situations nous permettrons d'apprendre beaucoup de vocabulaire espagnol concernant l'automobile et ce n'est qu'un début...
Et c’est l’arrivée à notre premier salar, magique ! Le salar de Huasco, perché à 3 700 mètres d ‘altitude
est sur l’ancien Camino Real qui permettait de rejoindre Pica et les mines de Potosi (Bolivie) en traversant le désert d’Atacama.
L’on y retrouve la faune et la flore particulière capables de vivre dans ces milieux inhospitalités.
Ci-dessus, un Vicuna.
Mais aussi des lamas.
Des Viscachas
Des renards malicieux.
Et au fur et à mesure que l’on s’approche du salar, notre vision s’affute et résiste à
l’éblouissement.
Nous sommes bien sur les traces des flamants roses. Nous sommes prêts pour les observer dans les meilleures
conditions.
Et voilà une colonie de plusieurs dizaines d’individus. Le Chili accueille 3 des 5 espèces de flamants roses sur
terre : Chiliens, Andins et James. Difficile de les distinguer dans un premier temps (variance dans la couleur des pattes principalement) tant le spectacle est fascinant.
Retrouvez un article spécial intitulé : "Les flamants roses du désert d'Atacama et l'assèchement des salars" sur le site web d'Actions
Biodiversité, en cliquant sur le lien suivant : fiche pays Chili / Ile
de Paques.
Et nous voilà déjà repartis par d’autres chemins, comme seuls au monde, bercés par le tangage du 4x4 et la beauté
des paysages.
Les paysages se succèdent et les couleurs des montagnes, salars et vallées nous étonnent toujours par leur
différence, leur brillance et leur puissance. La force de la « Pacha Mama » (Terre Mère) en quelque sorte nous entoure.
Les bivouacs se succèdent et sont toujours des moments privilégiés de discussion où les activités sont répétitives
mais agréables : feu, tente, cuisine, regonflage de pneu, relaxation.
Certains matins sont plus frais que d’autres. C’est le cas le jour où nous partons visiter les geysers du Tatio à
4300 mètres d’altitude. Nous avons bivouaqué tout près pour ne pas avoir besoin de partir de nuit pour arriver à l’aube sur ce site touristique.
C’est en effet le matin que l’activité géothermique est particulièrement intense, lorsque l’eau bouillante
rencontre l’air frais et forment des colonnes de vapeur de plus de 6 mètres de hauts.
Malgré toute nos épaisseurs, le froid de l’aube nous traverse jusqu’aux os.
Le spectacle est féérique !
Heureusement avec l’arrivée du soleil, la température augmente rapidement.
Quelques heures plus tard un petit bain dans une rivière recevant des affluents de cours d’eau chaude en amont nous
permet de retrouver une température agréable. Le problème comme souvent dans le désert, c’est qu’il n’y a pas de juste milieu.
Nous passons par le joli petit village de Chiu Chiu puis San Pedro de Atacama. Nous en profitons pour refaire le
plein d’énergie dans ce village de 5000 âmes à 2438 mètres d’altitude, très touristique et fort agréable.
Nous en profitions pour visiter la Valle de la Muerte (Vallée de la Mort), à la recherche d’un peu d’ombre.
Ainsi que la Vallée de la Lune avec une vue magnifique sur le Licancabur. Cela rappelle de bons souvenirs à
Annabelle qui l’avait gravi (5916 mètres) lors d’un trek en 2003.
Et puis ce paysage n’étant pas encore suffisamment minéral à notre goût, nous partons observer les étoiles ainsi que
la lune.
Cette région du globe est particulièrement réputée pour les observations du ciel et des galaxies du fait de sa position, sa
pureté et de l’absence de pollution comme le rayonnement lumineux des grandes villes la nuit. Bref, pas question de se priver d’un petit cours d’astronomie fort intéressant.
Une fois encore, la puissance de la nature nous rappelle combien nous sommes petits, grain de sable dans l’univers
et combien la magie de la vie sur terre est une richesse et une chance inestimable.
Et si l’aube noie les montagnes dans un doux mélange de couleurs orangées, roses, violettes, l’aurore opère une
magie similaire avec des teintes différentes.
Une belle journée qui commence. Nous avions suivi les conseils de la CONAF (entité de gestion des espaces naturelles
au Chili) à qui nous avions demandé de plus amples informations sur un itinéraire pour traverser le salar d’Atacama vers le sud.
Il s’agit d’une région compliquée car peu fréquentée, avec des conditions climatiques rudes, minée suite à des
tensions aux frontières avec l’Argentine et où certaines zones doivent être soigneusement évitées. Il faut donc gérer une direction, quelques points de repère car il y a de nombreuses pistes mais
rares sont celles qui aboutissent et pas de possibilité de s’approvisionner en essence.
Nous voilà donc partis en direction du Salar Punta Negra que nous souhaitons traverser du nord au sud-ouest pour
continuer notre route vers la côte en retrouvant un chemin carrossable 300 kilomètres plus loin.
Difficile de s’approcher de la zone du parc national Llullaillaco (zone protégée autour du deuxième plus haut volcan
actif au monde à 6 739 mètres, le Llullialaco). On n’est pas parvenu à trouver l’endroit isolé que la Conaf nous avait vanté. Au fond, les informations étaient insuffisantes dans cette immensité
désertique (impossible d’obtenir la moindre coordonnée GPS pour sécuriser notre trajet).
Il est nécessaire de s’orienter différemment car notre réservoir rempli à San Pedro indique qu’il est temps de se
diriger vers l’ouest à présent.
On suit une sorte de piste avec une inclinaison importante. Annabelle n’est pas rassurée par le chemin que l’on
emprunte qui s’avère de plus en plus complexe.
C’est au moment d’engager une marche arrière car les conditions ne permettent plus de monter et que nous sommes
contraints d’essayer de suivre une autre trace plus bas, que le 4x4 s’enlise de travers. Le poids du moteur sur le sable mou ne permet pas d’empêcher l’avant de prendre la direction du
vide.
Malgré une première consolidation de l’emprise des roues avec des pierres, l’étroitesse du chemin, le dénivelé, le
manque d’adhérence des pneus usés et l’absence de vitesse courte ne permet pas de dégager la voiture malgré l’ensemble des précautions d’usage dans pareille situation.
Le véhicule penche dangereusement et l’on ne se sent pas prendre le risque d’une descente en marche avant tellement
c’est incliné et compte tenu de l’angle actuel de la voiture pas franchement favorable.
On se divise donc en 2 groupes, dans un climat de tensions perceptibles. Vincent et Aglaé restent auprès du véhicule
et essaient de creuser pour donner une meilleure emprise à la voiture.
Nous nous partons chercher de l’aide dans le désert. Nous avions croisés quelques heures plus tôt une station de la
mine, l’on espère y croiser une âme qui vive et un téléphone satellitaire.
On fait la réserve d’eau et d’un peu de nourriture. L’idée est de faire un repérage et si au pire après quelques
heures de marche on ne voyait toujours rien l’on rentrerait jusqu’au véhicule où nous avons assez d’eau et de réserve pour bivouaquer en toute sécurité.
Nous avons un cap en tête, une estimation de 3 à 4 heures de marche et un GPS avec la position de la voiture pour
être surs de retrouver Vincent et Aglaé dans ce désert et ses canyons.
Et c’est parti pour marcher sous le soleil. Descendre puis remonter les canyons asséchés, s’approcher d’une zone
plus plate le long du Salar où il y a plus de traces signifiant une piste principale.
Pour être parfaitement francs, l’on fait pas les malins. Il est déjà tard dans la journée et la chance de
rencontrer de l’aide est particulièrement faible.
Ce sera finalement au bout de 3h00 de marche rapide que l’on pourra distinguer les installations de la mine
Escondida (qui porte bien son nom). Et seulement après plus de 4 heures de marche que nous pourrons atteindre un tas de containers imbriqués. A ce moment, la fatigue, le stress et la peur de n’y
rencontrer personne ont rendu les dernières heures particulièrement pesantes.
Si ces containers sont vides, il faudra faire le chemin à l’envers et cette perspective est loin de nous enchanter
(de nuit il fait très froid et l’orientation et la fatigue rendraient la tâche compliquée).
L’on frappe à la porte et c’est avec un soulagement réciproque qu’un jeune homme vient nous ouvrir. Alejandro, c’est
son nom, nous avouera plus tard qu’il avait eu peur d’être dérangé par des narcotrafiquants, seules personnes susceptibles de passer dans le coin tellement les visiteurs sont peu
fréquents.
En réalité il s’agit d’une base éloignée de la Mine Escondida dédiée au monitoring de l’eau du salar et
l’étude de la faune et la flore. Il s’agit de la seule partie environnementale d’une mine (particulièrement bien organisée dans ce sens par rapport à toutes les autres de la région). Alejandro et
Jesus sont deux biologistes marins qui travaillent en alternance avec une autre équipe de 2 scientifiques et 2 personnes responsables qui ne sont pas là pendant le week-end.
C’est un vrai miracle pour l’expédition de faire leur rencontre dans pareilles circonstances !
Après un rapide coup de fil à Anibal, le chef qui est à Santiago pour lui expliquer la situation, Alejandro a son
aval pour partir récupérer Aglaé et Vincent avant qu’il fasse nuit, ce qui nous laisse peu de temps. Le plan était de mettre tout le monde à l’abri au refuge jusqu’à lundi et d’attendre le retour
d’Anibal et Samuel pour tenter de sortir le 4x4.
Grâce au GPS et en passant par le lit du canyon sableux, nous parvenons après plus de 30 minutes à nous approcher du
4x4 qui se trouve toujours une cinquantaine de mètres plus haut dans une situation encore moins favorable.
Vincent avait refait toute une piste renforcée mais rien à faire, le nez de la voiture était définitivement dans la
pente.
Le confort dans la base est incroyable. Les scientifiques sont équipés des meilleures technologies pour réaliser le
monitoring des flamants roses, d’une bonne connexion internet, de liaisons satellitaires, d’une superbe cuisine (la semaine il y a même un cuisinier qui vient de la mine), du chauffage et de
l’eau chaude. Alejandro et Jesus sont super sympas et nous nous sentons malgré les risques financiers et environnementaux de planter une voiture dans le désert qui pèsent sur nos têtes,
franchement réconfortés.
Nous avons même la TV et suivons l’ironie du sort, les travaux de secours engagés et suivis en temps réel pour
libérer les 33 mineurs de Copiapó.
Le dimanche, nous sommes contraints d’attendre normalement dans la base. Les consignes de sécurité et de
responsabilité dans le périmètre de la zone sont très strictes.
Nous en profitons tout de même pour aller visiter le salar tout proche, voir un peu les relevés que font les
scientifiques et observer la faune et flore de ce salar.
Les flamants roses ne sont pas encore arrivés en masse dans ce secteur.
Bécasseau
Ouette des Andes
Les seuls véhicules que l’on verra passer seront ceux de la base et très au loin ceux de la mine. Une grande chance donc que nous ayons pu retrouver cette
base et qu’ils nous aient accueillis si gentiment.
Lundi nous attendons l’arrivée d’Anibal et de Samuel. A la vue des photos et des explications ils sont confiants,
habitués à réaliser des opérations de secours dans la zone. C
Ce sont eux qui avaient notamment sorti d’affaire un véhicule de la Conaf qui avait été bloqué par temps de tempête
de neige quelques mois plus tôt. Ils nous confirment à ce moment que la Conaf ne connaît pas bien les lieux et qu’il était impossible avec les informations approximatives données que l’on trouve
le fameux chemin.
On se rend donc sur les lieux de l’enlisement, 2 véhicules, 7 hommes et 2 femmes. Malheureusement, cela ne sera pas suffisant. Anibal manque de s’enliser de
la même manière et n’est plus du tout enclin à essayer un treuillage au risque de perdre un véhicule.
C’est l’échec et tout le monde est triste. Le plan c’est de signaler au loueur que le véhicule est en état de marche mais enlisé sans que l’on
puisse parvenir à le sortir. Il ne s’agit pas d’une mince affaire, surtout qu’il faut d’abord rejoindre Antofagasta, ce qui n’est pas gagné non plus.
C’est Vincent et Aglaé qui partent le jour même en éclaireurs et avertiront le loueur. Ils profitent de 2 places dans la voiture qui ramène Jesus et
Alejandro pour une semaine de repos à Antofagasta et d’une autorisation spéciale pour traverser la mine compte tenu de la situation particulière.
Nous les rejoindrons le lendemain après avoir organisé un transfert avec Samuel puis un taxi soit 5 heures de transport en contournant la mine.
Voilà comment l’on arrive en quelques jours à passer d’une situation idéale à une situation catastrophique :
Quid de la voiture dans le désert ? Quid de la caution et des impacts financiers et environnemental ? Quid de la suite du voyage ?
Dans ce cas là, il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur. L’on décide de continuer l’aventure en bus jusqu’à
Serena et de louer une autre voiture (chez un autre loueur naturellement ;-) ) pour nous rendre sur la côte et voir le désert en fleur, fait exceptionnel….
On apprendra quelques jours plus tard, sans bien comprendre comment cela s’est fait mais le loueur a réussit à
récupérer la voiture en coordination de la mine. Le 4x4 fonctionne très bien, tout est rentré dans l’ordre et même la caution est annulée, magnifique non ?
C'est parti pour le désert fleuri !
Le désert sur le bord de côte au nord de Serena fleurit à partir de septembre lorsque les conditions de
précipitation ont été exceptionnelles. Par chance, cette année c’est le cas. Juste splendide !!!!
Rien de tel pour s’apaiser du stress du salar de Punta Negra qu’une session d’observations et de photographies de la faune et de la flore locale.
Corona de Fraile
Oreja de Zorro
Copiapoa
Pata de Guanaco
Theristicus caudatus - Buff-necked Ibis
Vautour
Charango
Dernier bivouac sur la plage, l'on sent comme un air de fin des vacances avec Aglaé et Vincent ce qui nous rend mélancoliques.
Et c'est le retour au port en suivant les oiseaux marins.
Sterne inca - Larosterna inca
Pélican brun - Pelecanus occidentalis
Mouettes
Aigrette neigeuse - Egretta thula
Un dernier voyage de nuit en bus de Serena à Santiago et c'est déjà l'heure des aurevoirs. Un grand merci les amis pour ces jours passés ensemble à découvrir
les paysages, la faune et la flore du nord du Chili. Ce fut un bout d'expédition riche en rebondissements...
Actions Biodiversité, au nord du Chili du 14 au 27 août 2010
Retour à la chaleur et à la civilisation urbaine et à son atmosphère polluée. Le ciel est bleu par endroit mais il ne faut pas se fier aux apparences un nuage gris
recouvre Santiago, ne permettant presque pas de distinguer les montagnes environnantes.
La banque pour le développement participe activement au développement des ventilateurs pour climatiseurs !
Facade de Banco del Desarrollo de Scotiabank
L'étape à Santiago a été très studieuse et donc pas beaucoup de photographies des paysages avoisinants. On a passé beaucoup de temps à régler de l'administratif et
à mettre à jour les articles sur l'Argentine. Mais nous avons eu la chance de rencontrer Francisca et Nicolas fondateurs d'Alterado Produccion et membres comme nous du réseau Amérique du Sud de
diffusion de HOME (film de Yann Arthus Bertrand).
Francisca et Nicolastravaillent actuellement en plus de leur journal web pour sensibiliser aux enjeux
environnementaux,à la réalisation d'un film "7 viaje a la concienca". Cette oeuvre, mélangeant danse, musique et images a pour objectif d'ouvrir les
consciences sur l'importance de préserver la nature notamment.
Nous en avons également profité pour planifier notre retour au Chili en septembre et passer du temps ensemble à découvrir un peu plus le pays et rendre visite à une
communauté Mapuche.
Et puis ce fut le départ pour le Mexique, un peu mouvementé, on a raté l'avion alors que nous avions fait le check in, les formalités de douane et que nous
attendions à côté de la porte d'embarquement. Nous étions 6 dans le même cas à ne pas avoir entendu l'annonce, pour une fois que les latins sont pressés et font partir les avions en avance
!
Du coup, nous avons passé plus de 24 heures dans l'aéroport de Santiago et avons rajouté 2 tampons supplémentaires sur notre passeport.
Etude non exhaustive de la Biodiversité dans et autour de l'aéroport, en même temps qu'une petite sieste dans l'herbe !
Heureusement, malgré les longues heures d'attente et un petit "terremoto" (tremblement de terre) insignifiant par rapport à celui qui a devasté le sud du pays début
mars, nous n'aurons pas besoin de débourser d'argent de pénalité ou de nouveaux billets.
En route pour retrouver nos valises au Mexique, avec nos 7 tampons d'immigration chilienne (cf. Ushuaia, Puerto Natales et l'aéroport de Santiago), 2 pages entières
de notre précieux passeport !
De Puerto Natales à Puerto Montt nous avons passés 4 jours sur "l'Evangelista" à voguer tranquillement entre les canaux
patagons du sud Chili. Nous nous sommes bien reposés et en avons profité pour rédiger certains articles et interviews que vous avez peut-être déjà lus sur l'Argentine!
Ce n'est pas qu'un cargo de croisière ...
Alors que nous en profitons pour nous détendre, c'est plus dur pour ceux qui travaillent et pour ces vaches
entassées, debout...un petit veau est né pendant la croisière, mais aura-t-il survécu ?
Nous avons eu de la chance, il faisait froid mais nous n'avons pas eu les vents de Patagonie, ainsi la croisière s'est
déroulée tout en douceur...
C'est assez rythmé une croisière: petit dejeuner, petite conférence le matin sur les glaciers, la faune marine... puis
c'est l'heure du déjeuner, puis observation du paysage, on travaille un peu, on observe, et c'est l'heure du diner! c'est un peu comme métro/boulot/dodo en nettement plus sympathique ;-)
Pour nous sortir de la torpeur de la croisière, petite excursion sur l'ile qui porte probablement le plus mal son
nom...Puerto Eden. Ne soyons pas mauvaise langue, mais quand même, c'est sur on n'y habitera jamais !
De retour sur le bateau pour une visite du pont supérieur
Et puis biensur rien de tel que l'observation des otaries, des pétrels, etc au moment du coucher du soleil...
Après une autre nuit de navigation nous avons le plaisir de découvrir un glacier de type "mer" contrairement à ceux que nous avions observés auparavant qui eux
étaient de type "vallée". En effet, ce dernier s'arrête directement dans ce bras de mer...
Une bonne opportunité pour le barman du bateau, de faire une provision de glaçons pour ces cocktails à venir !
Il nous reste encore à traverser le Golf de Penas, réputé pour ses vagues de 3 mètres en conditions normales... et
jusqu'à plus de 10 mètres. On aura de la chance, cette nuit là la météo sera très clémente.
Et puis c'est l'heure du déjeuner des vaches, cette fois-ci ! Version expéditive !
Une dernière nuit à bord et nous poserons les pieds sur la terre ferme, à Puerto Montt...