Nous comprenons ce jeune homme qui s'étire et se repose sur sa mobylette. A Hanoï, l'animation est telle, le trafic tellement dense, qu'il faut regarder dans tous les sens pour éviter les accidents, ça épuise !
Mais cette hyperactivité à quelque chose de fascinant.
La vie dans les rues étroites du centre ville historique est foisonnante et passionnante.
Pour l'expédition, Hanoï est un lieu de transit qui marque la fin en l'Asie du sud est. Nous avons rendez-vous avec le responsable du bureau du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) à Hanoï et en profitons en plus des mises à jour blog, photo et site web pour faire quelques visites de la ville et nous rendre dans la baie d'Halong, site mythique pour la beauté de ses paysages.
Le mausolée d'Ho-Chi-Minh est fidèle à l'architecture communiste, massive, solennelle et impressionnante. Il témoigne d'une volonté idéologique forte, celle du parti, souhaitant faire de ce lieu un endroit de pèlerinage pour se recueillir sur la dépouille embaumée du Père de la Nation. Ce dernier, aurait préféré selon ses dernières volontés être incinéré. Un destin unique pour Ho-Chi-Minh, fervent défenseur de son pays qui ne choisira pas même sa dernière demeure !
Des milliers de deux roues envahissent les boulevards. L'ouverture du pays à l'économie de marché et à la société de consommation est nette.
Nous rencontrons Jean-Charles Maillard, directeur régional du CIRAD en Asie du Sud-est continentale. Il connait bien les problématiques liées à la biodiversité animale dans cette zone pour avoir été le chef du projet MAEE-FSP « BIODIVA » sur la caractérisation de la biodiversité animale domestique et sauvage des zones de montagnes du nord Vietnam » (2004-2008)…ainsi que le partenaire Vietnamien chargé de la communication/vulgarisation (grand public, écoles) des résultats de ce projet.
Il nous reçoit en compagnie de son collègue Pierre GRARD qui a piloté 4 projets européens lorsqu’il était au Laos (2004 à 2008) sur les NTIC appliquées à la systématique végétale (adventices du riz, orchidées, arbres…etc).
Leurs témoignages précieux nous permettent de mieux appréhender la problématique complexe pour la mise en place d’actions bénéfiques pour la biodiversité domestique (agriculture et élevage) face à la contrainte politique, aux intérêts économiques et à la gestion de la propriété des terres au Vietnam.
Retrouvez un exemple édifiant que nous raconte Jean Charles Maillard sur l’intérêt de la diversité biologique et notamment la diversité génétique versus des populations clonales de poulets issues de l’élevage industriel, pour lutter contre les maladies notamment la grippe aviaire.
Nous profitons d'être dans le coin pour nous rendre dans la baie d'Halong pour une journée d'excursion. Site protégé classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Nous craignons d'y rencontrer beaucoup de monde et l'accident quelques semaines plus tôt qui avait couté la vie à plusieurs touristes lors du naufrage du navire, nous a un peu refroidi.
Malgré la foule à l'embarcadère et l'animation du port encombré de jonques le reste de la visite se révèle agréable.
Car la beauté des paysages rend vraiment l'endroit idyllique et singulier.
Bien avant l'engouement du tourisme pour la beauté des paysages, la baie d'Halong est depuis la nuit des temps un lieu d'échange, de commerce, de pêche. La légende voudrait que ce soit un dragon (Ha Long signifie descente du dragon) venu dompter les courants marins qui aurait, en se débattant, dessiné ce paysage de pitons rocheux en taillant la montagne avec sa queue.
Si ce décor de labyrinthe fut idéal pour les hommes pour s'y cacher, en référence au nombreuses guerres et conflits qui s'y déroulèrent, il offre des conditions intéressantes pour la faune et flore. De nombreux pitons rocheux ne sont pas accessibles et abritent quantité d'espèces vivantes et sont de formidables refuges pour les oiseaux.
Le temps et les infiltrations d'eau ont également taillé des grottes gigantesques, comme la "grotte de la Surprise"
Cette excursion nous a enchantés. Le crépuscule pointe le bout de son nez, coloriant l'horizon à l'encre de Chine.
Nous suivons le vol de ce rapace pour rentrer à bon port.
C'est la fin de l'expédition en Asie du Sud-est. Ce fut rapide certes mais au combien riche en rencontres, découvertes et paysages différents. Il est encore un peu trop tôt pour tirer les conclusions sur l'état environnemental de cette zone mais il est malheureusement évident que la conscience de la nécessité de protéger les ressources naturelles fragiles n'est pas suffisante. L'état de destruction des habitats, la pollution grandissante, l'explosion démographique sont des facteurs inquiétants pour la conservation de la biodiversité, réduisant, confinant, isolant toujours plus les espèces sauvages dans leur retranchement.
Demain nous avons rendez-vous avec la Malaisie. Un signe étrange apparait sur l'ordinateur de Julien qui ne présage rien de bon. Nous craignons qu'il faille séjourner un peu plus longtemps que prévu à Kula Lumpur mais ça c'est une autre histoire, à suivre très prochainement...
Actions Biodiversité à Hanoï, Vietnam, du 1er au 6 mars 2011
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