Communauté Hmong au Nord du Vietnam, Sa Pa et ses paysages
Avant d'arriver à Sa Pa il y a le trajet, et nous le faisons depuis le Laos avec nos nouveaux copains, Gilles et Julie, partis en février dernier pour 7 mois d'aventures! Le trajet commence tôt et nous sommes un peu à l'étroit dans ce minibus qui dévale les routes en cours de construction.
Rapide stop à Dien Bien Phu, nous avons décidé de ne pas nous y arrêter longtemps et de nous rendre rapidement à Sa Pa. Un peu d'histoire, Dien Bien Phu marqua la grande défaite des français en 1954 contre les forces d'Ho Chi Minh et un changement dans l'histoire coloniale de la région.
Nous rencontrons 2 israélliens et tous les 6 nous louons un taxi pour nous y amener plus rapidement!
Rizières bien plus vertes que du côté du Laos.
Arrivés au Vietnam nous sentons comme un air de communisme ;-)

Nous arrivons la nuit tombée à Sa Pa, directement harcelés par un groupe de femmes Hmongs pour nous guider vers l'hôtel. Nous sommes escortés jusqu'à l'hôtel, après la première impression de "harcèlement" nous sommes plutôt charmés. Ces femmes sont très sympathiques, curieuses et drôles!
Ce soir repos, après une longue journée de transport on ressent tous la fatigue. Nous découvrirons la ville perchée dans les nuages demain.
Sa Pa se trouve à 1650 m d'altitude et est régulièrement dans le brouillard, ce qui d'ailleurs rajoute à l'ambiance mystique de ces lieux.
Partout dans les rues les femmes et enfants Hmongs vous interpellent pour vendre de l'artisanat local: bijoux et broderies colorées principalement. La rue est très animée et l'on y trouve de tout.
Ici ce sont des remèdes ou alcool de scorpions/ serpents que nous n'avons pas testés malheureusement ;-)
Nous partons nous balader en direction de Cat Cat, un village voisin. Le chemin est agréable nous passons entre les rizières. Les Hmongs vivent principalement de la riziculture, cependant nombreux sont ceux qui passent la journée en ville pour vendre de l'artisanat, être chauffeur de taxi, profiter des activités engendrées par les touristes.
Souvent les enfants s'occupent entre eux.
Le plastique se retrouve partout, les déchets comme ailleurs ne sont pas triés et souvent jetés naturellement par terre. Ci-dessous un canard qui en fait les frais. Ce dernier était en train de s'étouffer entièrement, de plus il marchait sur ce plastique ce qui le déstabilisait et ne l'aidait pas à s'en sortir. Heureusement, il a réussi régurgiter et à se défaire de ce met pas très comestible!
Après avoir loué une mobylette nous partons plus en hauteur afin de localiser le départ vers la randonnée qui nous mènera au sommet du mont Fa Si Pan (3143m), la montagne la plus haute du Vietnam.
Dans la montée nous faisons la course avec ce bus amusé
C'est de ce coin qui nous pourrions partir pour l'ascension.
Malheureusement nous n'avons pas pu tenter la randonnée que nous voulions faire en 1 jour. Par manque d'information sur le chemin à prendre et il nous a été vivement déconseillé d'y aller ainsi en raison du brouillard épais...ce sera pour une prochaine fois!
Malgré cette déception nous profitons de ce paysage magnifique entre monts et rizières.
Abris pour les cultures.
Puis nous redescendons, cette fois vers les villages de Sin Chai et Lau Chai.
Une fois passée l'épaisse couche de nuages nous y voyons un peu plus clair et un plus loin. Partout il y a des rizières en terrasses.
Et il y a même un petit rayon de soleil!
Hop ! Nous retrouverons le canard le soir même sur les étales du marché et les petits restaurants ;-)
L'ambiance est vraiment particulière. D'abord il fait froid et humide, ce qui nous change des derniers jours. Puis le brouillard qui s'immisce partout rend les lumières tamisées, le bruit nous semble un peu atténué comme au ski, les passagers se font rares, les étals se vident...
Nous avons l'impression de nous promener dans un décor de cinéma où tous les secrets sont encore à percer.

Le lendemain la magie continue, nous sommes émerveillés par ces paysages. Nous avons guetté longuement en espérant voir le Mont Fa Si Pan sans succès, les nuages n'ont cessé de le couvrir.

Petite pause photo
On se croirait définitivement dans les alpes!
Pour la petite histoire nous avons découvert à cet endroit des dizaines de seringues usagées, cela nous a fait froid dans le dos...
Il n'y a pas de doute contempler la montagne et les nuages rendent serein.
Avant de retrouver l'agitation de la ville à Hanoï nous profitons de ces instants de tranquillité. Ces paysages nous inspirent de la poésie alors voici un poème d'un de nos poètes préférés, Charles Baudelaire.
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensers*, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Elévation, recueil : Les fleurs du mal
* pensers s'écrit ainsi dans le poème
Actions Biodiversité à Sa Pa du 25 au 28 février 2011.