Honduras, la barrière de corail d'Utila
L´arrivée dans le pays s´est faite par la liaison hebdomadaire de Placencia au Belize à Puerto Cortes.
Le pied pas encore posé sur le quai que le changement d´atmosphère est immédiat. On parle espagnol de nouveau et le chaos de l´organisation, la fatigue de la traversée, les dizaines de personnes qui se jettent sur vous pour vous proposer leurs services et les backpackers anglophones qui se débattent dans un anglo-espagnol gigotant, nous étourdissent. En clair, c´est la panique, on court derrière son sac, son passeport, après la prochaine étape avec un seul vœu en tête, sortir au plus vite de cette chaleur étouffante, de soleil, de cris, de gens et de crainte...

Le plan est simple, le même que la grande majorité des étrangers fraîchement débarqués, rejoindre avant la nuit La Ceiba , éviter San Pedro et la mauvaise réputation de ses gangs, être le plus vite sur les îles de la seconde plus grande barrière de corail au monde. Bref être déjà partis loin alors qu'on vient à peine d'arriver.
Heureusement, une fois les pieds sur Utila, l'on retrouve le calme insulaire. Il s'agit d'une île réputée pour être la plus économique pour apprendre à plonger. L'astuce c'est d'éviter les usines à plongeurs.
Nous nous avons choisi de rester à Deep Blue Diving Center, minuscule club ayant la distinction Padi maximum, 1 seul bateau, un petit ponton et quelques chambres et surtout Adams comme responsable. Adams est anglais, ancien photographe sous-marin professionnel expert des récifs, autant dire que les plongées sont tranquilles, toutes en douceur et en observation du moindre petit bout de vie des récifs, le bonheur !
Pour se faire une première impression, rien de mieux qu'une petite balade en vélo. L'île n'est que partiellement accessible par les terres, il n'y a pas de voiture et la forêt (3 différents types de mangrove et quelques zones sèches) recouvre une très grande partie de ce tas de sable.
Prenons de la hauteur en montant au point culminant de l'île : Pumpkin hill (74 m). D'ordinaire nous aimons aller un peu plus haut, mais là le point de vue est déjà fantastique.
Pour mieux connaître la faune terrestre, passons rendre visite à l'Iguana Research and Breeding Station où nous faisons la connaissance d'Angela, la toute nouvelle directrice du centre.
Angela est biologiste et elle est née et a grandi au Honduras. Elle parle un excellent français avec une pointe d'accent du sud car elle a fait ses dernières années d'études à l'université de Marseille. Le courant est naturellement très bien passé entre nous ainsi qu'avec François, un français volontaire pour quelques semaines et notre amour commun pour les calanques et leur simple évocation a fait naitre un petit sentiment de nostalgie !!!!
L'iguana Center reçoit des volontaires du monde entier qui viennent donner un coup de main et aider à la reproduction, à élevage en couveuse et aux programmes de réintroduction des iguanes afin de maximiser la repopulation de cette espèce sur l'île.
L'iguane qui attire tout l'intérêt de ces personnes engagées est le Swanper, espèce endémique à l'île d'Utila et qui est menacée par l'extension et le développement humain. En effet, la réduction de son habitat littoral lié au développement des constructions, la pollution des plages où il se reproduit et sa chasse pour sa chair comestible représentent autant de risques de le voir disparaître de la surface de ce petit cailloux mais aussi du coup de la surface de la terre.
Heureusement, les programmes menés depuis 1994 par le centre présentent des résultats intéressants, le nombre d'individus a été stabilisé et voire la tendance est inversée, une meilleure connaissance et considération pour cette espèce endémique favorise également sa protection mais les efforts à réaliser son loin d'être terminés. L'objectif est également d'élargir le programme d'éducation environnemental notamment aux enfants et aux touristes locaux et internationaux, élargir les études aux autres espèces terrestres de l'îles et continuer à défendre le Swamper et les autres espèces d'Iguanes, véritables mascottes d'Utila.
Petits Swampers fraîchement sortis des oeufs
Iguanes dans les arbres
L'iguane endémique d'Utila, le Swamper (Ctenosaura bakeri) est facilement reconnaissable car le mâle a des épines sur le dos et la queue
Et puis il est l'heure d'aller observer le coucher le soleil sur la végétation luxuriante de l'île. Demain, le programme est chargé, nous partons plonger et essayer d'observer les requins baleines au large de l'île...
Nous commençons par rencontrer Andrzej, biologiste marin qui coordonne les actions du UCME (Utila Centre for Marine Ecology) une ONG qui travaille sur des programmes de recherche, information, éducation et conservation de la biodiversité marine très riche de la zone.
Pour plus d'informations, consulter l'entretien et les informations disponibles sur le site web d'ACTIONS BIODIVERSITE en cliquant sur témoignage (en anglais).... ou fiche pays Honduras
La pollution grandissante et le réchauffement de l'eau stressent et menacent la vie des coraux et des organismes qui en dépendent. C'est vrai que lorsqu'on a la chance de plonger et apprécier la beauté de ces fonds marins, on a vraiment envie d'agir pour protéger pareille beauté.

Les conditions sont à présent idéales pour se mettre à l'eau. Il faut dire que notre ami Joe, producteur de film à Hollywood plonge avec nous et nous fait bénéficier de ses superbes photos sous-marines pour que nous puissions partager un peu de ces paysages aquatiques fantastiques.
Rascasse volante, espèce invasive dans les caraïbes depuis que l'ouragan Andrew en 1992 aurait détruit un aquarium en Floride libérant ces terribles prédateurs.
Leur expansion dans les îles Bahamas fut catastrophique détruisant la faune et flore des récifs.
Le suivi de cette espèce est très sérieuse au Bélize et au Honduras. L'UCME a réalisé un plan de formation et d'homologation pour que chaque club de plongée ait une autorisation de chasser ces individus. On n'attend plus que la signature du ministère de la pêche...
Nous avons vite l'impression d'être dans la base sous marine de Stromberg dans "L´espion qui m´aimait" qui présente à James Bond les espèces dans son aquarium en attribuant à chacune une représentation symbolique :

Les dauphins - la grâce
Il suffit de les suivre dans la grande bleue en essayant de nager vite...



La murène verte - La malice
La tortue verte - la patience

Requin Baleine - la force tranquille

Nager à côté de ces animaux de 6 à 10 mètres de long au milieu de la grande bleue est une expérience incroyable et puis il faut avoir le cœur accroché pour palmer un peu histoire d'essayer de les suivre, c'est qu'ils sont parfois très timides.
Requin baleine - Rhincodon typus
Heureusement bien qu'il s'agisse d'un requin cette espèce a le régime alimentaire d'une baleine : plancton, organismes microscopiques et algues.

Les requins baleine sont attirés à la surface par le bruit des bancs de thons qui chassent les "Bait fish".
"Flamingo Tongue" - Cyphoma Gibbosum - la légerté

"Poisson grenouille" - Antennariidae - L'exubérance
Une petite vidéo en guise de synthèse, comme si vous y étiez :
Une petite plongée de nuit histoire de voir l'autre face du récif, lorsque les poissons dorment et que les langoustes et poulpes s'activent...
Les journées s'achèvent dans une douce lumière du soir
La forêt s'habille de sa cape de nuit ainsi que la ville de Tegucicalpa, étape indispensable pour quitter le pays direction le Nicaragua.
Avec l'obscurité, la nécessité de se mettre à l'abri, se fait plus grande.
Et comme les poissons de corail qui se cachent pour dormir, les habitants de la ville se barricadent pour se protéger et profiter de la température nocturne.
La nuit est propice à la réflexion et re-penser aux journées de rêve passées à observer pareilles beautés naturelles.
Pour consulter la fiche pays Honduras, cliquez sur le lien suivant: www.actions-biodiversite.org
Actions Biodiversité - mai 2010