La Nouvelle Zélande, un modèle pour la conservation de la Biodiversité ?
Le retour vers le sud après quelques semaines en Polynésie Française signifie dans l'hémisphère sud le retour vers le froid.
Nous sommes toutefois impatients d'être en Nouvelle Zélande car nous retrouvons les parents de Julien, pour 3 semaines de découverte de ces terres éloignées au croisement de la culture des Maoris, de celle des colons de la vieille Europe et de la puissance de la nature sauvage élevée au statut de patrimoine commun.
Evelyne, Julien et Eddy
Les retrouvailles sont chargées d'émotions. 8 mois déjà que nous nous sommes quittés à Paris.
Leurs valises sont pleines de bonnes choses et notamment le cadeau d'Annabelle pour ses 30 ans (légèrement en avance mais cela va lui être très utile, indispensable
même).
Superbe appareil réflexe Canon, auquel toute la famille et les amis ont participé.
Les parents ont loué un camping car pour 1 mois. Il s'agit d'un excellent moyen pour se déplacer en Nouvelle Zélande et parcourir ce pays aux étendues très vastes divisées en deux îles principales. Nous allons partager ces quelques mètres carrés mobiles pendant 3 semaines et vu les distances, pas une minute à perdre, en route...
Notre parcours s'organise en une bonne semaine dans l'île du Nord, pour nous rendre d'Auckland à Wellington la capitale et l'embarquement pour le ferry vers l'île du sud.
Nous passerons par la région de la "Bay of Plenty", particulièrement prospère avec ses terres agricoles (capital du Kiwi) et bassin de la culture Maori.
Ensuite nous traverserons la région des lacs, Roturua, Taupo et son incroyable activité volcanique. De nombreux geysers offrent un spectacle incroyable et des bains thermaux bien agréables.
Dans l'île du sud, nous descendrons le long de la côte de la mer de Tasman pour rejoindre les grands glaciers, le Fox, le Franz Josef, le Tasman. Nous continuerons toujours vers le sud pour rejoindre le lac de Te Anau d'où nous nous enfoncerons jusqu'à Milford Sounds et ses fjords impressionnants. Enfin nous rejoindrons la côte est pour remonter vers le nord Christchurch et ses alentours.
"Aucun doute possible, la Nouvelle Zélande vit, se développe et pense avec la nature. Il suffit de constater que la conservation et le souci de son environnement sont des préoccupations de tous les instants pour en être convaincu. De l’aéroport où les services de biosécurité font preuve d’une minutie scrupuleuse, des publicités sur chaque objet témoignant tantôt de ses caractéristiques recyclables, tantôt des économies d’énergies réalisées pour le produire ou encore l’origine naturel et soutenable des matériaux et savoir faire nécessaires à sa confection. Ici l’on vante des manifestations culturelles, des expositions d’art à Wellington ou à Christchurch, des compétitions sportives mais les vrais clous des spectacles, ce pourquoi il faut venir en Nouvelle Zélande et ce pourquoi il faut y rester, c’est pour sa nature et le « show » de ses paysages...." Retrouvez la suite de cet article sur le site web d'Actions Biodiversité en cliquant sur ce lien : Fiche pays Nouvelle Zélande
Allez partons sur la route de la biodiversité découvrir la Nouvelle Zélande à moins que se soit la découverte de la Biodiversité depuis les routes de la Nouvelle Zélande...
Commençons par un bain dans la culture des Maoris, avec notamment un Haka toujours très impressionnant !
Les yeux exorbités et la langue pendante sont des signes censés terrifier l'ennemi.
La visite du site thermal Whakarewarewa et Wai-o-tapu où l'activité volcanique est époustouflante. Les paysages sont tantôt minéraux tantôt verdoyants, d'une flore particulière du fait de la teneur en minéraux des sols : - Jaune : Souffre / Blanc : Silice / Orange : Antimoine / Vert : Arsenic / Noir : Dioxyde de carbone et souffre Rouge - brun : oxyde de fer
Profitons d'une journée ensoleillée pour faire un beau trek de 7 heures : Tongariro Alpine Crossing et mieux découvrir les paysages et la flore qui pour certains aspects rappelle celle des Alpes.
Nous rejoignons la côte au sud de l'île du nord qui nous conduit jusqu'à Wellington.
Wellington est une ville très agréable, à taille humaine pour une capitale et ses alentours bien qu'urbains laissent une part large à la nature. Nous profitons de ce stop pour travailler à la bibliothèque de la ville tout près des docklands réaménagés.
Et nous voilà déjà débarqués sur l'île du sud. Cette partie de la Nouvelle Zélande a la réputation d'être encore moins dense en terme de population et donc plus sauvage.
La Nouvelle Zélande est une terre d'agriculture et d'élevage et c'est vrai que les conditions météorologiques s'y prêtent bien.
L'élevage représente ces dernières années entre 10 et 15% des exportations. En 1970, le pays avait mené des efforts de diversification dans le type de viande. La viande de cerf est bien représentée, même si l'agneau et le bœuf représentent la plus grande part.
La pisciculture et la pêche sont également des secteurs importants de l'industrie alimentaire de la Nouvelle Zélande très orientés aussi vers l'exportation.
Ferme d'élevage de saumons dans le lac Tekapo
Déjeuner de moules à Havelock
Culture sur des kilomètres carrés
Qu'ils s'agissent des fruits tel que le Kiwi dans la "bay of plenty" (invention de Nouvelle Zélande à partir de la groseille de Chine ), de l'orge ou du blé et plus récemment du raisin pour la viticulture, les espaces cultivés occupent une grande part du territoire. Particulièrement bien organisés, ces champs sont fermés par des barrières infranchissables pour éviter l'accès aux animaux sauvages (sangliers notamment). Cela limite aussi l'accès pour les hommes et les ballades hors des sentiers battus deviennent difficiles, au milieu de cesterres privées et fermées.
En fait, si l'on regarde de plus près, les terres agricoles et pâturages représentent environ 43% du territoire, alors que les forêts d'exploitations représentent
7%. La bonne nouvelle c'est la partie que représente la forêt indigène, à savoir 24% de la surface de la Nouvelle Zélande mais surtout que 80% de cette dernière est protégée de façon
intégrale sous la tutelle du ministère de l'environnement.
La foresterie principalement tournée vers le Pin Radiata (91%), le sapin douglas (5%) et les autres arbres tels que les pins, peupliers et eucalyptus se pratique majoritairement selon une gestion durable. Le taux de rotation est d'environ 23 ans et 55% des exploitations sont certifiés FSC ( (Forest Stewardship Council, créé en 1993 et reconnu internationalement, cet organisme indépendant basé au Canada, certifie les coupes forestières effectuées de manière responsable. Ainsi le label FSC vous indique que les articles sont fabriqués à partir de bois obtenu grâce à des pratiques forestières respectueuses de l'environnement).
L'exportation du bois et de ses dérivés pesait environ 2 milliards d'euros en 2008/09 (selon les chiffres de NZ Forest Owners Assn: Facts &figures).
Une grande partie du territoire est donc constituée de forêt originaire. La variété des mousses, des fougères (Fern) et des plantes de sous-bois est surprenante spécialement pour des yeux novices comme les nôtres. C'est pourquoi probablement la feuille de fougère est l'emblème national.
Les conditions climatiques et la richesse des sols combinées aux rayons du soleil sont les acteurs naturels du processus de la vie et de sa diversité biologique : l'eau en est la source, offrons-nous donc un petit voyage au travers du cycle de l'eau en Nouvelle Zélande.
Les nuages chargés d'eau au dessus des montagnes, ci-dessus du côté de Southern Alps
Les glaciers sont des réservoirs d'eau douce très importants. Certains d'entre eux comme le Fox continuent d'avancer à l'instar du Perito Moreno en Argentine. Malheureusement, c'est plus souvent que l'on observe un recul des glaciers en relation probablement avec le réchauffement climatique global.
Un survol en hélicoptère (vol dont l'émission carbone est compensée par notre partenaire : ACTION CARBONE) est une bonne solution pour prendre du recul et faire quelques photos.
Les montagnes sont des acteurs météorologiques importants, bloquant les nuages, générant les vents et les précipitations...
L'eau s'écoule au travers les âges et la glace. Ci-dessus le glacier Tasman et le mont Cook.
Et l'eau dévale les reliefs sans que rien ne puisse l'arrêter. Les lendemains de pluie, les cascades qui se jettent dans les fjords explosent de vitalité.
Au sud d'Arthur Pass, les cours d'eau Rangitata, Waimakariri, Waitaki charrient les graviers et alluvions depuis les Southern Alps. A la vue de la largueur des lits on imagine bien la force que cela représente.
Lac Matheson
Parfois l'eau fait une pause par des lacs de montagnes. Alors elle sert de miroir pour les sommets et de moments de détente pour les pêcheurs.
Lac Wanaka
Kayak sur le Blue Lake
Cascade le Chasme dans le Fjordland National Park
L'eau transporte de nombreux minéraux et particules (farine de pierre) qu'elle arrache à la roche. C'est la raison des couleurs turquoise vives du lac de Tekapo.
L'eau comme liaison entre chaque chose du vivant mais aussi moyen de communication, transfert de connaissance, trait d'union entre les hommes et les générations. Une bonne partie de pêche même infructueuse est un moment privilégié de réflexion et de relaxation au contact des éléments.
Tous les paysages de la Nouvelle Zélande sont étroitement liés au travail de l'eau.
L'eau douce rejoint les mers et les océans comme la mer de Tasman au travers du Fjord de Milford Sound. La couche d'eau douce est mesurée en permanence à la station d'observation. Le mélange des deux eaux crée un écosystème particulier, celui d'un fjord, qui est l'une des raisons principales des caractéristiques spécificités de la faune et flore qui y vivent, étroitement dépendantes de ces interactions complexes.
Paysage de la Péninsule d'Otago
Moeraki Boulders
L'eau en plus d'être un élément fondamental du vivant, détermine également son milieu, sa nourriture, son évolution, son comportement, ...
Elle est également un enjeu économique fondamental et stratégique pour le futur. A titre d’exemple, reprenons quelques grands chiffres qui témoignent de cette réalité et de ces enjeux. Nos besoins en eaux sont croissants et cette augmentation est plus importante que l’augmentation de la population mondiale (2 fois plus vite ces 100 dernières années). Les Nations Unis estiment qu’une personne sur cinq dans le monde n’a pas d’accès à une eau propre, saine et potable et que cette situation va empirer si rien n’est fait. Le risque est important car la moitié de la planète souffrirait du manque d’eau à la fin du 21ème siècle.
Tout le monde à son échelle peut aider à améliorer la situation simplement en étant plus vigilent sur les gaspillages inutiles. Travailler à optimiser les gâchis inutiles c’est un premier pas mais aussi un changement vers une mentalité plus responsable. L’eau est partout, en nous comme autour de nous. Elle est aussi nécessaire à chaque chose que nous consommons. IBM le rappelle très bien dans l’une de ses publicités mettant en avant son expertise dans la gestion de modèles complexes, il faut 2 500 litres d’eau pour faire un T-shirt en coton, 2 000 litres pour un litre de lait et 150 000 litres pour une voiture (750 baignoires). Enfin, un dernier chiffre édifiant témoigne du champ d’amélioration possible en matière d’économie d’eau via une gestion plus soutenable. L’agriculture au niveau mondiale utilise 2 500 milliards de litres d’eau par an dont 60% environ sont estimés comme gaspillée.
Il est bien certain que l’on se sent très petit en temps qu’individu, parfois incapable de changer le cours des choses face aux différentes échelles de valeur bien que nous en soyons conscients et puissions en profiter individuellement. Alors imaginez ce sentiment d’impuissance pour un chef de famille vivant sur une île reculée du Pacifique, une région aride de la cordillère des Andes ou ailleurs. Il en connaît bien peu lui sur la mondialisation, les marchés des céréales ou de l’industrie des transports et sait-il seulement que dans les gouttes d’eau qu’il va chercher au puit où du toit de sa paillote les jours d’averse, il s’agit pour tous de la même molécule d’H2O ? Cette réflexion nous insiste à penser qu’il est nécessaire d’avoir au moins une attitude responsable et économe mais aussi enthousiaste et volontaire pour célébrer la magie de l’eau et l’économiser chaque fois que cela est possible ! C’est une question d’intelligence, de solidarité comme de « self défense ».
Au cours de notre trajet, il nous a été donné de pouvoir observer de nombreuses espèces sauvages.
Des Mouettes
exemple de poissons et d'algues à 13 mètres sous l'eau du fjord à Milford Sound
Truites
Mallard Duck (mâle)
Grey Teal
Paradise Shelduck
White face Heron
Maskd Lapwing
Black Swan
South Island Tomtit (mâle)
Moineau
Kea (Nestor notabilis) sorte de perroquet des montagnes et endémique au Sud de la Nouvelle Zélande
Tui
Malheureusement, certains animaux ont vu leur population sévèrement réduire et son clairement menacés. Il est de plus en plus rare de les observer en milieu totalement sauvage. Dans le meilleur des cas, ils sont dans des zones protégées mais libre de se déplacer sinon dans des réserves fermées.
Manchot Antipode (Megadyptes antipodes) que l'on trouve exclusivement en Nouvelle Zélande et menacé
Retrouvez notre reportage à la réserve privée des Manchots Antipodes de la péninsule d'Otago également disponible sur le site de l'association : fiche pays Nouvelle-Zélande
Faucon et perruche dans la réserve kiwibirds de Queenstown. Il s'agit également d'une réserve privée qui protège certaines espèces menacées d'oiseaux, permettant au grand public de les observer et de s'éduquer.
L'on y retrouve : Morepork (Chouette), Black Stilt, Blue Duck, New Zealand Falcon, Brown Teal, Tui, Antipodes Island Parakeet, New Zealand Pigeon (2ème plus gros pigeon au monde).
Nous y avons également observé deux individus de Tuatara (Sphendon punctatus), descendants directement des reptiles de l'âge des dinosaures, véritables fossiles vivants, leur cœur bat à 10 pulsations par minute, il peut rester une heure ou plus sans respirer et vit de 100 à 200 ans.
Le jardin botanique de Dunedin a été créé en 1868. Il s'agit du premier de Nouvelle Zélande, libre d'accès et magnifique ! Le Rhododendron Dell abrite plus de 300 variétés de cet arbuste.
La route sur la Biodiversité en Nouvelle Zélande est longue et se prolonge en une multitude de petits chemins. Malheureusement c'est déjà l'heure de changer d'horizons.
Nous conservons tous ces bons moments, ce fut un immense plaisir pour nous que de découvrir la Nouvelle Zélande, merci aux parents pour nous avoir accompagnés dans cette aventure et pour tous ces instants de plaisirs qui mis les uns après les autres font une vie de superbes souvenirs.
Bye Bye New Zeleand, hello Vanuatu !
Retrouvez des compléments d'informations sur le site d'ACTIONS BIODIVERSITE : Fiche pays Nouvelle-Zélande !
ACTIONS BIODIVERSITE, Nouvelle Zélande, 30 septembre 2010 - 20 octobre 2010