Peninsula Valdes ou l'observation de la Faune Marine
Après un très long voyage en bus depuis Bariloche, environ 30 heures, nous voilà arrivés en Patagonie du Nord, à Puerto Madryn.
Fini pour quelque temps les lacs et les montagnes, à nous les espèces marines, la Peninsula Valdes et l'air iodé.
Nous commençons par nous organiser, travailler sur la mise en forme des informations très riches recueillies dans la région des 7 lacs, planifier notre temps sur place,que nous savons déjà trop court et c'est parti pour l'action.
Nous rencontrons la Fondation Patagonianatural très active sur toute la côte Patagonienne. Accueil très chaleureux d'Ingrid et de José Luis Esteves. Nous en profitons pour mener un interview sur la problématique de la globalisation, de la densification du traffic maritime, l'impact du transport du pétole et leurs conséquences sur le milieu marin. Nous vous invitons à retrouver cet entretien sur le site web de l'association ainsi que toutes les informations utiles complémentaires : Article - Fundacion Patagonianatural
En route pour la Peninsula Valdes, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1999 pour sa richesse en faune Marine : Otaries, Eléphants de Mer, Manchots, Baleines, Orques, oiseaux marins (cormorans impériaux, Pétrel, Albatros...), etc
On retrouve les routes de "Ripio" pendant des kilomètres...
Voici un exemple de paysage vierge de présence humaine (dans le passé plusieurs navires s'y sont échoués) et magnifique, la Cabeza Valdes qui abrite, entre autre, une colonie d'éléphants de mer.
Allez, rien que pour vous l'observation de la Faune Marine comme si vous y étiez ;-)
L'observation est compliquée du fait de la distance, mais pas tellement du fait du mouvement ;-)
Exemple d'un "Macho" et de son harem, pouvant aller jusqu'à 500 femelles (cas exceptionnel vu à la Peninsula).
Pourquoi restent-ils ainsi la tête en l'air ?
Réponse : le poids de leur tête et de la graisse qui entoure leur cou est très important, ainsi en levant la tête ils trouvent un point d'équilibre pour ne pas basculer en avant. De plus, cela leur permet de voir aux alentours ce qu'il se passe et pour les males, d'être prêts à défendre ainsi leur territoire.
Les jeunes otaries s'amusent en bande et apprennent la vie
Nous ne verrons pas ce jour d'Orque au large de la Peninsula (c'est la période à laquelle ils commencent à s'approcher de la côte notamment pour chasser les otaries. Mais pour avoir une meilleure information sur ce sujet, allons à la rencontre de Roberto Bubas, un expert en la matière du côté de Punta Loma.
Splendide Punta Loma et sa "Loberia" (colonie d'Otaries).
Une colonie de Cormorans des roches
La rencontre de Roberto Bubas, "l'homme qui danse avec les Orques" et qui a passé 17 années à étudier leur intelligence sociale, leur technique de chasse particulière à la Peninsula Valdes et sa transmission de génération à génération. Un homme magnifique capable d'écouter et de communiquer avec la nature et qui a dévoloppé une philosophie de vie remarquable. Nous vous recommandons de lire l'interview en français sur notre site web ou découvrir la vidéo de ces échanges en espagnol.
Incroyable un orque !!!! Comme dirait Roberto : "C'est un peu l'équivalent de l'homme dans la mer, au sommet de la chaîne alimentaire..."
Direction Punta Tombo plus au sud pour rencontrer les "Pinguinos" c'est à dire les Manchots de type Magellan
Des Guanacos, espèce protégée en Argentine, ils sont très nombreux en Patagonie mais disparaissent de certaines régions comme la région de Cordoba ou des Grands Lacs, vicitimes de la chasse pour leur pelage notamment ( cf. le programme de réintroduction du Guanaco dans le parc Quebrada del Condorito - Cordoba
Un Piche qui se cache comme une autruche....
Et voila la colonie de Manchots de Punta Tumbo
A les observer, placides près de leur trou qui leur sert de nid, cela nous rappelle un jeu qui consiste à assommer à l'aide d'un marteau toutes les têtes qui dépassent. Il s'agit évidemment d'un jeu, d'une fiction et nous ne souhaitons faire aucun mal à ces petites créatures si attachantes.
A cette période de l'année, le manchot prend le soleil et s'occupe de son pelage qui se renouvelle. Tant que la mue n'est pas terminée, ils ne peuvent pas se rendre à l'eau car il ne sont pas imperméables. Du coup pas de nourriture mais l'attente et le jeune avant de partir pour 6 mois dans l'eau.
Il faut savoir que chaque année, les manchots reviennent au même endroit pour pondre.
Est-ce le garde du parc qui veille sur le "Pinguino" ou c'est le "Pinguino qui surveille le garde ?
Les bébés manchots ne tiennent pas tous encore très bien sur leurs pattes...
Il y a aussi des punks chez les Manchots ;-)
Lieu de villégiature pour Manchot en goguette, le soleil est fort mais l'eau reste froide. Heureusement que leur plumage à présent étanche leur permet de resister sans problème à ces températures. Il a d'ailleurs la capacité de s'adapter à une amplitude thermique extrême (+30 - Moins de 0).
Après un bon repas de Calamar, Anchois, "Merluza"... le manchot retourne à son occupation favorite, soigner son pelage.
La Pétrel Géante surveille s'il n'y a pas un petit quelque chose à se mettre dans le bec.
On retrouve d'autres espèces typiques de la Patagonie :
Mandous (petite autruche)
Calandria Patagonica
Guanaco
Le Cuis Chico
Pour plus d'information sur les espèces de faune et de flore de la Patagonie; vous pouvez télécharger les fiches (en espagnol) extrême bien faites de Patagonianatural, directement sur notre site web ou en cliquant sur les liens suivants :
- Les oiseaux marins (pdf de 2.14MG)
- Les oiseaux terrestres et d'eau douce (pdf de 2.73MG)
- Les mammifères marins (pdf de 1MG)
- Les mammifères terrestres (pdf de 1.95MG)
- Flore de la Steppe (pdf de 3MG)
Le site de Punta Tumbo est un lieu privilégié pour permettre au plus grand nombre d'observer des manchots de Magellan. Nous pouvons nous approcher au maximun à 1 mètre de ces oiseaux et naturellement il est interdit de les toucher ou de les nourrir. Cependant, il semblerait que cette intrusion dans leur milieu naturel, bien qu'il soit le plus respectueux possible ait des conséquences néfastes et que la colonie serait de moins en moins grande lors de la période de la ponte. C'est l'objet du travail de recherche sur le terrain de Luca, jeune diplômé italien. On ne manquera pas de suivre son travail et ses conclusions.
Direction le sud, la ville de Camarones, plus précisement du côté de Bahia Carolina, à la rencontre des volontaires Planète Urgence qui dans le cadre de leus congés solidaires aident l'équipe de scientifique de Pedro Baron dans ses travaux de recherche sur l'espèce exotique et invasive de crabe vert (Carcinus Maenas).
Nous nous joignons à l'équipe pour une après midi de collecte de mue de carapaces de crabes. Qui feront l'objet d'analyse en laboratoire la semaine suivante.
Pour plus d'informations, nous vous invitons fortement à lire l'article sur notre site web, dédié à cette espèce invasive, ses impacts et son étude ainsi que l'aide apportée par les volontaires Planète Urgence : Lire l'article !
Un dernier coup de volant pour 200 kilomètres de route et nous voila de retour à Puerto Madryn.
On a bien mérité une petite Parilla, de poissons cette fois ;-)