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Publié par Actions Biodiversité

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A un instant de chaque soirée, à la fin du mois de février, les rues du quartier de Recoleta et Palermo, semblent vivre un moment en suspension. Un flottement général s’empare avec lenteur de la ville. Cela est-il vrai dans les autres quartiers de Buenos Aires ? Je n’en sais rien. Mais dans les rues que nous traversons le phénomène est incontestable. Il s'agit d'un instant où l'équilibre entre la clarté et l’obscurité de la journée se produit. Il est environ 19 heures 30. Cela se passe, entre l'asphalte et les deux premiers étages des immeubles alors que les niveaux plus élevés continuent de baigner dans la lumière de la fin de journée.

Les concierges d'immeubles («portero » en espanol) sont les témoins principaux de ce moment particulier. Ils s'avancent sur leurs paliers, ils discutent, ils regardent, ils s’étirent. Ils semblent eux aussi en transition entre une journée de solitude peuplée de passants dans ces quartiers résidentiels et une nuit probablement similaire avec une solitude encore plus amère.
Il y a bien sûr les tâches du quotidien qui peuplent d'un rien les jours qui passent, les échanges aimables avec les habitants des immeubles, les tâches d’entretien, la mission de gardien, mais il y a surtout le minimalisme du hall d’entrée leur servant de bureau. Tantôt baroques tantôt kitchs, tantôt « design », ces vitrines sont les thêatres de petites simplicités dépareillées oú d'un bloc à un autre, une chaise Barcelone côtoie une cheminée en marbre, ou une boiserie vénitienne. Mais surtout et toujours il y a ce même vide d'un espace limité dont la propriété est partagée et qui à ce moment de la journée s’éclaire d'une lumière artificielle. Les « porteros » deviennent alors les gardiens d'un phare pour des navigateurs urbains qui reviennent à leur port...

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Buenos Aires est une ville dont l’architecture trahit l’origine de ceux qui s’y sont installés, tantôt européens, tantôt américains, tantôt italiens, tantôt new-yorkais... De plus, la mégalomanie qui accompagne bien trop souvent le pouvoir vient rajouter des éléments destructurants à une homogénéité plutôt absente, ajoutant, par exemple, un boulevard un peu plus petit que le prochain à venir...

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Au final, cette belle disparité donne un cachet bien particulier à la ville et témoigne de la complexité d'une histoire finalement jeune. L’Argentine est un pays de pionniers au passé complexe mêlant valeur du travail, vision à court terme, corruption politique, gentillesse de ceux qui se sont habitués à la mixité des origines et aux découpages arbitraires de certaines frontières... 

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Ainsi dans la capitale, comme dans les provinces, on voyage à travers les traditions adaptées voir même réinventées et au milieu de la Patagonie l’on peut en se promenant le long d’un lac , sentir la brise du Léman. De la mëme façon dans la capitale on croise l’ombre d’un Iron Building ou l'on flâne sur des docks  à plusieurs milliers de kilomètres de New York ou Londres.

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En parallèle nos sociétés inventent des choses plus que curieuses, victimes des contradictions entre nos envies et les possibilités de les réaliser :

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Les chiens de Buenos Aires promenés par des "dog keepers"

Mais comme partout, c'est la misère qui s'exporte le mieux et le mal logement n’a pas besoin de passeport.

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Ainsi la Boca, quartier emblématique est cité comme pittoresque dans tous les guides de voyage, a comme un goût loin d’être édulcoré de la noirceur de certains coins d’un 18ème ou d’un 19ème. Comme si les murs bariolés de jaunes et d'oranges vifs pouvaient cacher à l´instar d’un trompe l’oeil si beau soit-il, sorte de Montmartre avec son Sacré Coeur, la laideur du logis de ceux qui vivent dans l'arrière boutique; de ceux qui vivent un peu plus loin que la limite du sentier touristique.

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La reproduction d’un quartier insalubre dans le musée improbable de Rocsen (cf. visite à Mina Clavero), née d'images et d'objets de voyage rapportés par son fondateur, rappelle avec horreur l`ultra réalisme de la situation.

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Reconstitution au musée Rocsen d'un logis dans une favela

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Vraie fenêtre d'un cagibi dans la Boca

Elle souligne également la distance qu’il faudrait encore parcourir  pour ne plus voir, un jour, pareil tableau ailleurs que dans des musées chargés de conserver l’histoire de nos civilisations....

Ironie du sort, une exposition de reproduction des toiles du Louvre vient donner une couleur encore plus surprenante à ce tableau banal...

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N
<br /> Le mélange buildings, favelas étonnant<br /> <br /> <br />
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