Ruta de los 7 lagos
Après 23 heures de bus, nous voilà au Nord de la Patagonie dans la région andine connue sous le nom des 7 lacs (en réalité il y en a beaucoup plus). Nous avons passé 4 jours entre San Martin de los Andes et Bariloche où notre activité a été très dense : Visites de parcs nationaux, interviews avec les responsables des départements de conservation, rencontres d'acteurs impliqués dans la préservation, la connaissance et dans éducation sur la biodiversité et rencontre avec une radio locale qui nous a reçue pour un interview ! Voici un aperçu en images :


En route pour une grand boucle de 500 km dans cette superbe région où les parcs nationaux se succèdent, notamment le Parc Lanin et le fameux volcan du même nom qui marque la frontière entre l'Argentine (face Sud et est) et le Chili.
Petit clin d'œil au Laboratoire Expanscience qui vient de s'engager aux côtés d'Actions Biodiversité en qualité de sponsor de l'expédition, merci et bravo !
Nous voici le temps d'un instant dans la peau d'un "Guardafauna" du parc Lanin, et c'est parti pour une cavalcade dans les grands espaces. Il suffit de lire un des panneaux informatifs pour savoir immédiatement que nous partageons les mêmes préoccupations et que nous trouverons un écho favorable à la nécessité de préserver la Biodiversité.
La route des 7 lacs est une succession de paysages incroyables ouvrant à chaque fois sur des points d'eau immenses avec à chaque fois une particularité propre.
Et quand vient la nuit, c'est naturellement près de l'eau que l'on plante notre tente pour profiter du spectacle fascinant du coucher et du lever de soleil accompagné de ses reflets sur les eaux calmes des lacs. Lorsque la nuit tombe c’est au tour de la lune de nous éblouir…

La route se poursuit toujours aussi merveilleuse que sinueuse. La route enfin la voie en pierre, ou ripiot en espagnol, nous oblige à réduire la vitesse, nous en profitons pour admirer davantage le paysage qui nous entoure.
Une des particularités des parcs nationaux en Argentine réside dans le fait que ces parcs abritent des propriétés privées que sont les Estancias… ces immenses terrains privés sont des concessions données aux riches familles du temps des colons. La terre se transmet de génération en génération mais ne se vend pas à des tiers. Ainsi, la gestion des parcs nationaux se fait avec ces propriétaires terriens, c'est-à-dire que ces derniers ont des règles à respecter…
C'est au cours de ce dernier campement que nous avons été réveillés à 3h30 par la propagation du tremblement de terre qui a ravagé le Chili. Les premières secousses nous ont d’abord réveillés, nous sortant de notre sommeil profond sans que l'on sache vraiment ce qu'il se passait mais en ayant une sensation désagréable. Silencieux nous ne nous sommes rien dit puis la réplique quelques minutes après nous a confirmé que nous avions bien senti la terre sous nos corps allongés vibrer avec force. Prudemment, nous avons passé la tête hors de la tente histoire de vérifier que nous ne risquions pas de nous prendre un arbre sur la tête, ou qu’il ne s’agissait pas d’un volcan en éruption ou encore que la rivière ne débordait pas…la pleine lune éclairait comme en plein jour rajoutant à cette expérience un aspect mystique, puis nous avons essayé de retrouver le sommeil tout en restant à l’affut.
Ce n'est que le lendemain après midi que nous aurons la confirmation que la terre avait tremblé très fortement au Chili à 400 km de là où nous étions que les conséquences étaient dramatiques pour de très nombreuses personnes. Compte tenu de la force naturelle à autant de distance, nous n'osons pas imaginer la terreur que cela a du être au Chili et naturellement
nous pensons à tous ceux qui ont vécus cette tragédie.
Rencontre bien chanceuse avec ce crabe d'eau douce qui nous a permis de nous divertir en l'observant, en même temps que nous nous rafraîchissions. Nous avons proposé un sujet d'étude sur cette espèce au réseau des écoles du fait de sa similitude avec les écrevisses d’eau douce en Europe signe d’une eau peu polluée. Il s'agit d'un thème annonciateur pour préparer l'étude du crabe vert, une espèce marine invasive et non native, dans la région de Puerto Madryn en Patagonie sur la côte atlantique.
Les espèces invasives ne concernent pas uniquement la faune, en effet la flore est également touchée et nous prendrons ici l’exemple des forêts des parcs naturels qui ne sont pas uniquement refuge d’espèces natives. En effet, les colons y ont planté des espèces à fort rendement, tel que le Pin d'Oregon. Les espèces invasives sont un des thèmes centraux traités dans la fiche pays Argentine sur les parcs Nationaux de la région des 7 lacs à la croisée des enjeux et des problématiques : conservation des espèces natives (cyprès notamment), communautés originaires (Mapuches) versus colons, exploitation gérée durablement....
Rencontre avec Juan Carlos et sa femme Anna. Etant originaire du Frioul en Italie, nous avons eu une discussion passionnée de la vie en Argentine dans une zone reculée où l'électricité n’arrive pas encore mais qui a vu sa population croitre de façon exponentielle ces 10 dernières années, tout ceci autour de plusieurs cafés !
A peine le temps de se reposer, une petite sieste et nous voilà repartis direction du volcan Lanin tout en continuant à mieux découvrir le Parc National qui l'entoure.
La base du Volcan semble loin, il s'agit d'une marche de 9 heures aller-retour et même si le dénivelé semble raisonnable, 900 mètres de montée, on s'en doutait un peu, il est bien concentré sur la fin de l'ascension. Alors pour passer le temps, on observe les petites fleurs, les lichens...
Et bien sur le fameux Araucaria typique du parc Lanin
On a dressé notre petit camp de base à l'ombre d'un soleil harassant, afin de nous reposer un peu et de s'adonner à notre hobby quotidien, l'observation de la faune et la flore avoisinante.
Pour finir de bien visiter le Parc National de Lanin, un petit tour à l'administration du Parc pour y rencontrer Ricardo Lazaro Nogaro qui est le responsable du département de conservation du parc pour qu'il nous parle en détail de la gestion de la conservation des espèces naturelles au sein du parc ainsi que de la méthode mise en place pour dialoguer et impliquer les communautés locales, les Mapuches, dans les enjeux et actions de conservation du parc (cf. article sur le site web de l'association, fiche pays et témoignages :"Con Manejo").
Près de statue du Général Roca (figure emblématique et polémique de la Patagonie) nous retrouvons Mariano du réseau de diffusion Amérique du Sud du film HOME de Yann Arthus Bertrand. Un grand merci à Jacqueline qui gère d’une façon de maitre ce réseau depuis la France et qui nous a ainsi permis de rencontrer Mariano. Un grand merci à Mariano pour sa disponibilité, pour son aide et pour les rencontres qu’il a organisées pendant cette journée marathon à Bariloche.
Mais, avant la course, une petite bière artisanale …

Et comme cette ville a un petit air d'une ville Suisse au bord du lac Léman, nous n'avons pas résisté à l'appel d'une délicieuse fondue...
Heureusement que nous avions préparé un peu notre intervention à la radio El Arka car le journaliste n'a pas manqué de nous titiller sur les entreprises européennes qui viennent polluer la Patagonie et sur l'échec des négociations de Copenhague sur le climat. Le principal était pour nous de présenter notre action en espagnol et autour du micro, nous partagions tous le même intérêt pour la préservation de la biodiversité ;)


Ensuite ce fut une très belle rencontre avec Rubens et sa petite famille qui nous a présenté les actions et les objectifs de son association SEMBRAR qui reforeste les zones incendiées dans les parcs nationaux. Ils ont fait un travail énorme et très intéressant sur les espèces natives, qu'il ne manque pas de partager avec les écoliers mais aussi l'ensemble des habitants de Bariloche.
Actuellement, Rubens travaille sur les énergies alternatives et construit une maison pilote qui servira d'espace d'éducation pour le programme sur les arbres natifs pour montrer la possibilité et l'intérêt de mieux utiliser les énergies naturelles durables. L'association est soutenue à la fois par la municipalité, le parc national de Nahuel Huapi mais aussi par des sociétés privées et Rubens espère ainsi en plus de faire changer les mentalités, obtenir des modifications significatifs dans le code de l'urbanisme. Nous avons été très séduit à la fois par l'approche, l'importance et les résultants obtenus par SEMBRAR et nous espérons qu'Actions Biodiversité pourra à terme s'associer aux efforts de cette association et apporter une aide pour son travail porteur et bénéfique pour la région.
Impossible de quitter la ville sans passer interviewer Susana, Biologiste et responsable du département de conservation du Parc Nahuel Huapi. Un grand merci à Suzana pour sa disponibilité et son enthousiaste !
Sur la photo, le directeur du parc nous accompagne.
Comme ces Black faced Ibis c'est l'heure pour nous de reprendre notre chemin. Après quelques instants d'attente pour notre bus afin de rejoindre la côte altantique, Puerto Madryn nous voilà repartis avec plein de choses dans la tête. Ces quelques jours dans la région ont été très occupés mais au combien profitables. Les informations détaillées sur les parcs et les problématiques traitées se trouvent sur le site web de l'association, nous vous invitons à les consulter.
Mais impossible de partir sans nous aussi laisser un message d'optimisme face à la beauté de ce que nous avons vu et la gentillesse de ceux que nous y avons rencontrés.
A présent on peut dormir un peu, on a 13 heures de route devant nous...