Un plongeon au Belize
Nous voila arrivés au Belize mais avant d'arriver sous les cocotiers, il faut encore faire quelques kilomètres sous une chaleur de plomb.
Quel dépaysement par rapport au Guatemala, le paysage bien sûr, l'ambiance caribéenne et surtout on parle anglais partout, héritage colonial !!!!
Le contraste est saisissant notamment en terme d'organisation. De plus, cette ambiance caraïbe nous rappelle notre île préférée Dominica, entre la Guadeloupe et la Martinique !
Notre parcours au Belize est le suivant, une fois arrivés à la capitale, nous allons nous rendre sur l'île de Caye Caulker pour réaliser les premières plongées de l'expédition, notamment dans le mythique "Trou Bleu" puis redescendre jusqu'à Placienca pour prendre un bateau vers le Honduras. Entre temps, nous nous arrêterons pour visiter la réserve de Cockscomb Wildlife Sanctury du côté de Maya Center, histoire d'essayer de croiser la route des Jaguars.

La route se fait via des anciens bus scolaires américains des années 60, communément appelés "Chicken Bus". C'est pas vraiment rapide, il y fait vraiment très chaud mais c'est bon marché et plutôt rigolo !
Heureusement, une fois arrivés à Caye Caulker, le paysage vaut le détour.
C'est la première fois que nous sommes sur un "Caye".
Il s'agit d'une formation géologique très intéressante ! Cette petite île est née par l'action des marées et du vent de l'accumulation sur les récifs pendant une très longue période, de sable, des débris de coraux et d'excréments d'oiseaux. Une grande mangrove protège cette île de l'érosion des grosses vagues mais naturellement l'urbanisation et le développement du tourisme à outrance présentent des risques d'altération de cet espace fragile.
Caye Caulker est une petite île de 8km de long et 2km de large au maximum, c'est un lieu de villégiature pour du tourisme international et l'on y retrouve de nombreux "backpackers" et retraités américains. On y circule à pieds, en vélo et en caddie électrique de golf mais rien de mieux qu'un canoé pour observer le rivage et sa faune marine.
Observation des oiseaux marins depuis un poste avancé dans le lagon...
Le vol du pélican d'Amérique et son aérodynamisme particulier nous ravit !
La chasse de l'Aigrette tricolore (Egretta tricolor) témoigne de la grâce et de la patience de l'animal.
Le coucher de soleil sur le lagon et son eau transparente nous invite à rejoindre notre tente, coincée à l'ombre. Malheureusement, la première nuit fut marquée par un orage tropical particulièrement violent, nous obligeant à ramer un peu plus pour dévier l'eau de la tente. Nos amis les crabes de sable avec qui nous partageons le campement, sont quant à eux à la fête.
Et puis levés de bonne heure pour une journée de plongée, les premières de l'expédition. Il faut dire que la barrière de corail des caraïbes est la seconde plus grande au monde après la grande barrière de corail australienne et a été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996.
Direction donc le "Blue Hole", trou bleu au milieu d'un récif de coraux profond d'environ 120 mètres. Il s'agit d'un site protégé, réserve naturelle marine gérée par l'ONG Audubon society.

Photo prise sur le web
Il s'agit de formation qui date de la précédente glaciation lorsque le niveau de la mer était 100 mètres plus bas. C'est pourquoi l'on peut y observer des stalactites à 40 mètres de profondeur.
Les conditions d'encadrement laissent particulièrement à désirer sur cette première plongée à 40 mètres (palenquée trop grande et non respect des prérogatives), heureusement nous avons notre ordinateur de plongée pour plus de sécurité et avons fait la connaissance de Steve Leroux, un français en vacance, professeur de collège et moniteur Padi.
Steve a fait des photos sous-marines remarquables et a gentillement accepté que nous les publions sur le blog pour un meilleur partage de la beauté de la biodiversité aquatique. Il mène également un projet pédagogique bénévol pour faire découvrir la plongée à ses élèves dans la région de Perpignan. Une superbe initiative qui s'inscrit dans une démarche d'éducation environnementale, à saluer.
Nous n'avons pas vu de requin à la remontée, dommage d'une certaine façon mais c'était peut être mieux comme ça !
Puis quelques plongées dans des aquariums, avec une eau transparente et chaude, une faune et flore marines débordantes et des couleurs formidables.
Eponge tubulaire orangée
Gorgone et corail
Corail - Cerveau Natan (Colpophyllia natans )
Poisson perroquet
Mérou
Langouste
Tortue verte (Chelonia mydas) Murène verte (Gymnothorax funebris)
Coffe Mouton (Lactophrys triqueter) Requins "nourrice" (Ginglymostam cirratum)
Dans ces moments nous avons une pensée amicale pour notre club de plongée parisien SURPLOUF et en particulier à nos amis plongeurs, Fred et Orlando !!! c'était génial les gars !!!!
Partons à présent pour une petite visite sur Half Moon Caye, site également déclaré monument naturel, pour observer des oiseaux marins. Le décor est paradisiaque !
Plutôt sympathique comme lieu de travail pour l'étude et la protection des espèces locales !
Une colonie de "Red footed Boody" (fou à pieds rouges) a élu domicile sur ce petit bout de sable et cohabite avec d'autres colonies d'oiseaux comme les frégates.
Frégate et frégate superbe
Et il est déjà temps de rejoindre l'île car le lendemain nous devrons quitter Caye Caulker, rejoindre le continent, prendre des bus pour le sud en direction d'un parc naturel dans la jungle, il faut dire, la forêt nous manque déjà...
Arrivée tardive dans le petit village de Maya Center, quelques courses rapide pour tenir 2 jours sur place et nous attendons un taxi qui pourra nous conduire dans le parc.
Diner aux chandelles car il n'y a plus d'électricité. Rencontre avec un groupe de gardes forestiers d'une réserve plus au nord du pays à la frontière avec le Mexique qui viennent passer 3 jours d'échanges.
Réveil dans un éden de verdure
Avec des insectes surprenants, jamais rencontrés auparavant...
Un peu de rafraichissement sous une très belle cascade entre deux marches sur des sentiers dans une forêt luxuriante.
Les fougères sont superbes...
On retrouve même la carcasse de l'avion du scientifique, Alan Rabinowitz, qui faisait du monitoring des jaguars et qui fut victime d'un crash, heureusement tout l'équipage s'en est sorti indemne.
Le parc de Cockscomb Basin Wildlife Sanctuary fut créé en deux étapes : 1984 pour la forêt et en 1986 pour les jaguars, pour avoir plus d'informations sur ce parc, cliquez sur le logo (c'est en anglais).
"Attention, vous êtes en train de regarder le plus dangeureux animal au monde"
Et oui, nous les êtres humains sommes, comme dirait notre ami Roberto Bubas, les ultimes prédateurs ! Il est nécessaire que l'on se regarde dans la glace avec franchise pour en prendre conscience et changer notre comportement parfois destructeur !
Nous revoilà partis vers le sud, après d'interminables heures d'attente au bord de la route.
On retrouve le sable chaud de la plage à Placencia, notre ultime étape au Belize, avant de prendre le bateau direction le Honduras !
Et comme c'est écrit sur le bateau :
